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À partir d’avant-hierCiné/Serie/Films

“Borgo”, “Knit’s Island”, “L’Homme aux mille visages”… Voici les sorties ciné de la semaine !

16 avril 2024 à 15:30

Borgo de Stéphane Demoustier

“Ici, ce sont les détenus qui surveillent les gardiens et non l’inverse”, avouera la directrice du centre à Mélissa (Hafsia Herzi), une jeune surveillante fraîchement arrivée de Paris. Hitchcockien par excellence, ce renversement du voyeur ou de la voyeuse devenu·e objet du regard, et donc potentiellement en danger, va lancer avec force toute la matière de thriller de Borgo.

La critique de Ludovic Béot

L’Homme aux mille visages de Sonia Kronlund

Ni flic, ni juge, ni psy, Sonia Kronlund ne cherche pas à dompter un secret. À sa fenêtre de conteuse, elle en augmente la saveur romanesque. Pour preuve, son entretien avec Machin où, curieuse et joueuse, elle plonge à son tour dans la fiction, abusant l’abuseur en s’inventant un personnage de reporter.

La critique de Gérard Lefort

Knit’s Island, l’île sans fin de Ekiem Barbier, Guilhem Causse et Quentin L’helgoualc’h

On découvre, fasciné·es, les confins de cet univers étrange, hanté autant par Stalker de Tarkovski que Gerry de Gus Van Sant. Au fil des témoignages, parfois passionnants, s’écrit une réflexion qui interroge notre besoin urgent de fuir la réalité ainsi que celui de recréer du lien social.

La critique de Rose Baldous

Riddle of Fire de Weston Razooli 

Riddle of Fire, une version des Goonies vaporeuse et magique, où l’on suit à la trace une bande de gamin·es prêt·es à tout pour craquer le code parental de leur nouvelle console. Pour l’obtenir, le trio doit réussir à réunir les ingrédients d’une tarte aux myrtilles, trésor prétexte d’une mission qui leur est confiée.

La critique d’Arnaud Hallet

LaRoy de Shane Atkinson

Dans LaRoy, tout part d’un quiproquo : prêt à se suicider, le canon d’un revolver posé sur la tempe, un homme est confondu avec un tueur à gages à qui on a commandité un meurtre. S’engage alors une avalanche de cocasseries dans la ville de LaRoy, patelin fictif de l’Ouest américain devenu un écrin où chaque événement prend des proportions démesurées. Tout est décuplé car tout le monde se connaît et se croise dans ce territoire fermé dont on explore chaque recoin et où circulent bastons, meurtres et folies.

La critique d’Arnaud Hallet

La Machine à écrire et autres sources de tracas de Nicolas Philibert

Philibert s’intéresse à la vie quotidienne, aux “tracas” que sont les objets, les machines, les instruments, les outils, quand ceux-ci tombent en panne et qu’ils bouleversent sans le vouloir la vie de tout un chacun, mais surtout celle souvent très réglée, ritualisée, organisée obsessionnellement, par les personnes souffrant de maladies psychiatriques, pour qu’elles puissent vivre le mieux possible.

La critique de Jean-Baptiste Morain

L’Île de Damien Manivel

​​De la trame minimaliste d’une scène pivot du coming of age, qui saisit les derniers feux de l’adolescence à l’orée de l’âge adulte, Damien Manivel tire une matière profuse où l’hésitation se noue à la grâce. Celles caractéristiques d’une jeunesse pas totalement dégrossie, et celles d’un projet à la forme composite, en apparence inachevé 

La critique d’Alexandre Buyukodabas

Le jour où j’ai rencontré ma mère de Zara Dwinger

Le film colle ainsi assez à l’image de ce qu’un adulte aussi irresponsable et irrévérencieux peut offrir à son enfant : de grands moments épiques, ludiques, comme des déceptions profondes.

La critique d’Arnaud Hallet

“Drive-Away Dolls”, “Sidonie au Japon”, “Il pleut dans la maison”… Voici les sorties ciné de la semaine !

2 avril 2024 à 15:02

Drive-Away Dolls d’Ethan Coen

Globalement, les femmes sont ici les plus fortes et surtout les plus solidaires, et les hommes, tous à peu près abrutis. Un film réjouissant, de divertissement, pas le moins du monde prétentieux ni même très beau.

La critique de Jean-Baptiste Morain

Sidonie au Japon d’Élise Girard

Douceur, humour, tendresse, noirceur du chagrin, spectres du passé : un voyage inattendu et original au pays du Soleil-Levant.

La critique de Jean-Baptiste Morain

Il pleut dans la maison de Paloma Sermon-Daï

Il pleut dans la maison fait à la fois état d’une humeur joyeuse, d’une chamaillerie complice qui éclate à l’écran à chaque fois que ses deux interprètes charismatiques se regardent, tout en distillant, avec un sens infini du détail et de la composition, une constellation de ruptures contrastées.

La critique de Marilou Duponchel

Yurt de Nehir Tuna

En 1996, année où il se déroule, Yurt dépeint un pays pris en pleine bataille idéologique entre laïques inspiré·es d’Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne, et religieux. En se basant sur ses propres souvenirs, le cinéaste Nehir Tuna fait de son personnage le réceptacle de ces tensions politiques, adoptant une allure de relâchement malgré la violence de l’oppression. 

La critique de Marilou Duponchel

Quelques jours pas plus de Julie Navarro

Au-delà de l’examen du sujet migratoire qui restera minoritaire, l’enjeu principal du film qu’il conduira jusqu’à son ultime image sera la constitution ou non du couple Biolay/Cottin. Plus préoccupée par les conséquences personnelles que par les réalités systémiques auxquelles sont confronté·es les migrant·es, cette approche laisse de côté toute critique sérieuse de la politique répressive de l’État.

La critique de Ludovic Béot

Black Flies de Jean-Stéphane Sauvaire

L’idée est intéressante, l’exécution calamiteuse. Sauvaire n’évite aucun cliché, aucun effet de manche, aucune lourdeur pour soutenir son propos franchement limite sur l’impérieuse nécessité d’aider son prochain même quand la tâche semble vaine.

La critique de Jacky Goldberg

Godzilla X Kong : Le Nouvel Empire d’Adam Wingard

Sans souci de vraisemblance, et au gré d’une intrigue délirante gribouillée à 6 mains, Godzilla x Kong concentre sa force de frappe sur les affrontements over the top entre titans et kaijus s’envoyant des mandales cosmiques aux quatre coins (et à même à l’intérieur) du globe. 

La critique de Léo Moser

Le Squelette de Madame Morales de Rogelio A. González (reprise)

Cette farce macabre n’est en aucun cas un éloge du féminicide, mais sert surtout à dénoncer avec une alacrité et une allégresse perceptible l’hypocrisie de la société bourgeoise, et surtout de la religion chrétienne.

La critique de Jean-Baptiste Morain

“Los Delincuentes”, “O Corno, une histoire de femmes”, “Le Jeu de la reine”… Voici les sorties ciné de la semaine !

26 mars 2024 à 15:01
“Los Delincuentes” © Arizona Distribution / “O Corno, une histoire de femmes” JHR Films / © Epicentre Films / “Le Jeu de la reine” © Brouhaha Entertainment

Los Delincuentes de Rodrigo Moreno

À ce qui était destiné à être le grand morceau de bravoure du film Moreno substitue une partie de campagne hédoniste, dont un sublime déjeuner renoirien aux bords d’une rivière. Étiré à l’extrême et d’une grâce irrésistible, c’est ce voyage qui contient toute la visée utopique de Los Delincuentes, son trésor libertaire.

La critique de Ludovic Béot

O Corno, une histoire de femmes de Jaione Camborda

Prenant pour cadre les dernières années du franquisme, O Corno est une exploration vibrante de ce que vivent les femmes dans une société autoritaire et liberticide.

La critique de Ludovic Béot

Le Jeu de la reine de Karim Aïnouz

Le film, à l’instar de sa captive, se subit plus qu’il ne se vit, et la gangrène qui ronge la jambe de l’ogre a valeur de lourd programme métaphorique pour un récit cloué dans le passé et finalement très peu impliqué dans l’ambition de modernité dont il se faisait pourtant la promesse.

La critique de Marilou Duponchel 

Apolonia, Apolonia de Lea Glob

Apolonia reste tout au long du documentaire une figure insaisissable pour les spectateur·rices comme pour la cinéaste, qui capture sa féminité volcanique avec d’autant plus de fascination qu’on la sent opposée à la sienne, notamment sur la question du couple ou de la maternité. Apolonia déjoue aussi les stéréotypes et les attentes, car elle n’est finalement ni attendrissante ni franchement sympathique, mais après tout, pourquoi devrait-elle l’être ?

La critique de Maud Tenda

Pas de vagues de Teddy Lussi-Modeste

Pas de vagues décrit avec minutie une mécanique qui s’emballe, une administration qui s’en lave les mains, les raisons – tout à fait compréhensibles – des un·es et des autres et qui vont peu à peu menacer la carrière et la vie de couple d’un enseignant qui a effectivement commis une erreur.

La critique de Jean-Baptiste Morain

Kung Fu Panda 4 de Mike Mitchell et Stephanie Stine

Le pot-pourri d’ancien·nes méchant·es et le caméléonisme effréné du principal antagoniste (reptile métamorphe adoptant l’apparence et le style de combat de ses proies) laissent croire que la licence a atteint un stade d’autocitation jukebox connu pour être souvent le chant du cygne de ce genre de franchises.

La critique de Théo Ribeton

La Promesse verte d’Edouard Bergeon

Malgré un canevas d’un ringardisme terminal (white saviors en forêt équatoriale, torpeur grasse et seconds rôles sans relief […]) La Promesse verte, étrangement, s’en tire sans totalement se saborder, grâce notamment à un tandem assez sobrement incarné.

La critique de Théo Ribeton

L’Affaire Abel Trem de Gábor Reisz

Par cette affaire, le film extirpe Abel de ses préoccupations juvéniles et le confronte à ses responsabilités, son avenir. Avec ce troisième long métrage, Gábor Reisz explicite les tensions politiques en Hongrie et offre à la jeunesse de son pays une nouvelle perspective, celle de trouver sa place ailleurs. 

La critique de Thibault Lucia

Alienoid – Les Protecteurs du futur de Choi Dong-hoon

Un verni grand-guignolesque sur un récit kitsch au visuel de fanfiction qui, hélas, ne suffit pas à faire d’Alienoid un nanar, la faute, paradoxalement, à un cruel manque d’autodérision de l’ensemble vis-à-vis de ses évidentes limites.

La critique de Jérémie Oro

“Une famille”, “Averroès et Rosa Parks”,  “Bis Repetita”… Voici les sorties de la semaine !

19 mars 2024 à 16:43

Une famille de Christine Angot

C’est le cinéma en tant qu’art collectif, qu’appui, qu’antidote à l’isolement auquel on renvoie les victimes d’inceste qu’invoque Christine Angot. Son film propose un puissant et généreux partage du sensible. Mais il vaut aussi comme une preuve, l’enregistrement des visages et des murs qui ont été témoins des viols.

La critique de Bruno Deruisseau

Averroès et Rosa Parks de Nicolas Philibert

Il n’y a ni pitié ni surplomb dans le regard que le documentariste porte sur ces gens. Mais de l’attention, de la curiosité, de l’interrogation. Nous avons le sentiment de participer tous·tes de la même humanité, que nous pourrions nous reconnaître dans certains de leurs maux, parce que c’est nous, c’est “du” nous tout cela, mais exacerbé. Dans le regard des résident·es d’Averroès et Rosa Parks, il y a une familiarité inquiétante. 

La critique de Jean-Baptiste Morain

Bis Repetita d’Émilie Noblet

Bis Repetita avait tout pour faire craindre la comédie boomeuse, en manque de repère, consolée par sa matière, le latin, valant comme doudou réac à celles et ceux redoutant un effacement du passé. Si le film ne s’éloigne jamais d’un motif de réconciliation […], il l’opère en contournant tous les écueils du genre et dérègle la petite musique rance et pédagogique attendue pour lui préférer une modernité rare dans le paysage concerné à la fois rafraîchissante et désinvolte.

La critique de Marilou Duponchel

Laissez-moi de Maxime Rappaz

Si Laissez-moi nous enchante, c’est qu’il invente, au-delà de ce suspense, un conte gorgé de mystères irrésolus. La passion de Baptiste pour Lady Di dont il collectionne les photographies, imite les gestes, le sourire, et prend le deuil, l’action se situant à l’été 1997.

La critique de Gérard Lefort

Hors-saison de Stéphane Brizé

Le sujet du film est moins les retrouvailles d’une femme et d’un homme qui se sont aimés, que la conclusion lente d’une liaison qui ne s’était pas faite dans les règles de l’art. Brizé est un peu comme ces “passeurs de morts” qui aident ceux et celles qui sont décédé·es dans des conditions difficiles, un peu ratées, à rejoindre l’au-delà dans la sérénité et à s’y installer à jamais. C’est assez beau.

La critique de Jean-Baptiste Morain

Immaculée de Michael Mohan

Immaculée déploie toute la panoplie du safari tour horrifique dans la vieille Europe catholique, pour un résultat forcément convenu, mais pas déplaisant pour autant. […] Sydney Sweeney prouve toute l’étendue de son talent, incarnant à merveille la “final girl” d’un film d’horreur qui glisse doucement, mais sûrement vers le slasher, voire le survival dosé en hémoglobine.

La critique de Léo Moser

Vampire humaniste cherche suicidaire consentant d’Ariane Louis-Seize

Avec des scènes majoritairement nocturnes, le long métrage, très sombre, se fait finalement l’écho de ses propres limites : si l’on distingue clairement son potentiel à être une honnête réinterprétation actualisée de la figure du vampire, projetée dans une société particulièrement morose et sans issue, il manque un peu de sel pour que la sauce ne prenne totalement.

La critique de Nicolas Moreno

Smoke Sauna Sisterhood d’Anna Hints

Nous sommes loin du bruit du monde, à une époque éternelle, et des femmes, filmées avec une infinie délicatesse, comme des sculptures roses un peu abstraites, se mettent à nu. Le jeu de mots est-il en estonien ? On parierait que oui. C’est très beau.

La critique de Jean-Baptiste Morain

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